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Mémoire

BERLIN, mémoire du XXe siècle

Travaux photographiques 2007-08Terminale BEP Techniques de l'Architecture et de l'HabitatProfesseur: Moïse SadounIntervenant graphiste: Eric Léon

Lors d'un séjour à Berlin, les élèves ont eu pour objectif de "retrouver les enjeux européens au sein d'une ville en mutation, marquée par l'histoire du XXe siècle".Ils ont découvert une ville en perpétuelle métamorphose, le plus grand chantier urbain d’Europe. Une multitude de contrastes traverse la ville mais aussi son histoire. Les bâtiments interpellent, les bouleversements du passé interfèrent dans l’espace urbain, Berlin semble ne pas échapper à sa mémoire.Le thème photographique retenu s’est vite imposé : Berlin, mémoire du XXème siècle.Les élèves ont d'abord créé un réservoir d’images du Berlin actuel pendant leur séjour, en privilégiant les transformations urbaines, les bâtiments historiques, les mutations architecturales et les traces symboliques. Dans un deuxième temps, en cours d'Histoire, ils ont recherché et accumulé des documents iconographiques sur les événements marquants de l’histoire contemporaine de Berlin. L’objectif était d’inscrire le passé dans l’espace publique, de faire apparaître les stigmates de l’histoire dans les rues et sur les façades. Les montages furent réalisés à l’aide d’exercices de modulation numérique. Les photographies produites, au contenu parfois ambigu ou excessif, se veulent être le réceptacle de ces cicatrices. Photographies exposées au Théâtre de la Photographie et de l'Image de Nice, puis au CDI du Lycée Léon Chiris.

Dans Berlin qui se transforme, on est pris à la gorge. La douleur et la souffrance passées sont inscrites dans les quatre coins de la ville. Salvina

AUSCHWITZ: devoir de mémoire

Voyage scolaire de quarante élèves des lycées Tocqueville et Léon Chiris de Grasse: ghetto de Varsovie et vieille ville, ghetto de Cracovie et quartier juif, camp de concentration de Plaszow, camp d'extermination d'Auschwitz Birkenau.Photographies et témoignages des élèves de Terminale BEP Techniques de l'Architecture et de l'Habitat, montage atelier multimédia du LP Léon Chiris.Professeurs: Jean-Paul Clot (Histoire), Patricia Barré (Documentaliste) Yves Gourmen et Moïse Sadoun (Lettres-Histoire)

La fin du tunnelIl fait froid, nous sommes dans un train, tout le monde a faim,et moi aussi. Les conditions sont insupportables, j’ai du mal à respirer.Le voyage est long, mais ils nous emmènent vers une "vie meilleure",là où le travail sera notre gagne-pain, là où nous vivrons peut être en paix.Mais il y a quelque chose qui cloche, j’ai été séparé de ma famille,ils m’ont dit que ma famille était dans l’autre wagonet qu’à l’arrivée nous serons enfin réunis.Voilà dix heures que nous sommes dans ce train et toujours pas de signes d’arrêt. Les personnes âgées commencent à manquer de force.Il y en a qui se sont évanouies, d’autres ont succombé au manque de nourriture,et moi, je n’y pense pas trop.Alors pour oublier, je regarde le paysage par le petit espace que laisse la porte.Il y a des plaines recouvertes de neige, c’est magnifique.Je m’imagine une petite vie bien tranquille avec ma femme et mes enfants,jouant à faire des batailles de neige. Mais la réalité revient vite à mes trousses.Je commence à manquer d’air, alors je fais de mon mieux pour aspirer l’air qui sort du petit espace.Enfin le train s’arrête, les portes s’ouvrent et les officiers de l’armée allemandenous débarquent sur le côté comme des moutons.Les soldats, froids et agressifs, nous trient.Ils mettent les handicapés et les personnes âgées d’un côtéet les jeunes encore vifs dont moi d’un autre côté.J’aperçois mon ami de l’autre côté de la file, les larmes aux yeux,sa famille s’est faite tuer, une balle dans la tête pour chacun,ils étaient cinq, il ne reste plus que lui.Nous voyons de grandes cheminées en pleine action.Les soldats nous amènent dans une sorte de bâtiment, c’est des douches,enfin je vais pouvoir prendre une bonne douche. Après, on nous donne des habitsaux couleurs de prisonnier, ce n’est pas ce qu’on nous avait dit.Cela fait trois semaines que je suis ici et toujours pas de "belle" vie.Je vois tous les jours mes camarades disparaître.J’ai entendu parler du mur de la mort, là où les prisonniers sont puniset abattus sans raison,les tortures sont de plus en plus fréquentes, ils nous réveillent en pleine nuitpour aller creuser des trous sous la pluie.Chaque jour le site se dévoile, ce n’est pas un site mais un camp,un camp pas comme les autres, un camp d’extermination.Aujourd’hui, je vois les files d’attente devant le grand bâtiment où la fumée sort,nous les voyons rentrer mais jamais ressortir;c’est depuis le jour où un officier énervé m’a dit qu’on allait tous être exterminés,que j’ai compris que j’allais mourir,que c’était la fin,tous mes espoirs se sont écroulés, je vais mourir,ma mort est annoncée.Après quatre mois de travail et de brimades, je me retrouve dans la file,dans cette file dont je connaissais la fin,la fin de ce long tunnel. Julien Grémillet

Beaucoup d'entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, consciente ou inconsciente, que "l'étranger c'est l'ennemi". Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente; elle se manifeste par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit (…) alors, au bout de la chaîne logique, il y a le lager (le camp).Primo LeviExtraits de la préface de janvier 1947 de Si c'est un hommeEd Julliard, 1987

Le travail rend libre. Cette phrase d’espoir, qu’un jour ils rentrent chez eux, n’est que mensonge. On s’aperçoit vite qu’une fois rentrés, c’est la captivité et la mort. Les Juifs ne sont pour les Allemands, rien d’autre que des bêtes : exploitées, entassées, apprivoisées pour leur bon vouloir, cobayes pour certains docteurs fous de manipulations ou distractions macabres pour les maîtres des lieux.Les gens vont et viennent. Ils arrivent avec la peur et sont conduits à la mort avec le désespoir. « Le jour des douches », ceux qui y partent n’en reviennent jamais. Ils sont amenés, déshabillés, gazés puis brûlés, mais ça, ils ne le savaient pas. La seule façon de sortir d’Auschwitz était par la fumée de la grande cheminée du crématoire. Ces lieux semblent me raconter que la vie entre les mains des nazis n’est que cendres et poussières. Marion Jacquet

Le travail rend libreCe message figure à l’entrée du camp d’Auschwitz. Au bout d’une semaine, les déportés étaient soit - gazés (les plus faibles, femmes, enfants, handicapés). Ils n’étaient pas assez "rentables", juste de quoi faire du tissu et du savon; - exploités pour subir un travail acharné jusqu’à l’épuisement final. Si l’un d’eux avait le malheur de se révolter, il était exécuté, mis sur la sellette au mur des condamnés ou bien enfermé à quatre dans un cachot d’un mètre;- morts contaminés par des maladies ou tout simplement de faim.Seule une poignée de survivants là-bas. Dans leur corps martyr, le regard exprime l’effroi qui ne se cicatrisera jamais. Louis Lemasson

La réputation d’Auschwitz m’était déjà douloureuse, mais lorsque j’ai vu ce qui s’était passé, c’était pire que tout. Le fait de voir tous ces barbelés, tous ces miradors, montrait l’extrême rudesse et cruauté des allemands. Lorsque j'ai vu derrière ces vitres les restes de cheveux des morts, j’ai eu envie de vomir. Il y régnait une odeur étrange. Mais le plus impressionnant pour moi furent les photos d’enfants. Comment peut-on ôter la vie à un enfant, je ne trouve pas les mots. Difficile aussi d’imaginer la chambre à gaz et les fours crématoires, même odeur étrange.Je me demande comment des êtres "humains" ont pu ainsi massacrer autant de personnes qui leur étaient inconnues. Tout ce que l’on peut espérer, c’est que cela ne se reproduise plus jamais. Florian Gilli

En voyant ces lieux, je vois la tristesse et la douleur. Un monde où règnent la terreur et la mort. Dans ce sinistre endroit, des milliers de gens vécurent l’enfer, emprisonnés par d'immondes barbelés électriques. Surveillés nuit et jour par les miradors, épuisés par les travaux forcés, mutilés par des expériences innommables, humiliés constamment, ils abandonnèrent tout espoir. Je me demande comment un tel lieu a pu exister un jour.Comment l’homme a-t-il pu être si cruel ? Ce qui s’est passé dans ces camps de concentration nous montre à quel point la folie humaine peut être destructrice.Mais comment la folie d’un seul homme a-t-elle pu mener à la mort des milliers de personnes ?Et comment des personnes ont-elles pu imaginer une telle usine à tuer ? Benoit Maetz

Auschwitz: Avant d'arriver dans le camp, il faut passer par une petite maison où il y a un guichet qui vend des livres et appareils photos, cela m'a un peu choqué. Car ce que l'on voit après est hallucinant. Au dessus du portail à l'entrée une phrase est écrite en allemand, "le travail rend libre". Le camp a été transformé en musée. Le plus impressionnant, ce sont toutes les photos des déportés dans les couloirs, avec inscrites juste au dessous la date d'arrivée et celle du décès, ou plutôt de l'exécution. Mais il y a aussi tous les objets récupérés, les cheveux, les bagages, les photos d'enfants…Birkenau: Ce camp d'extermination est beaucoup plus vaste et plus impressionnant. Des rails de chemin de fer entrent directement dans le camp. On aperçoit tout de suite des baraquements où étaient entassés les déportés.Au bout d'un quart d'heure de marche, on arrive au bout du camp où se trouve, derrière un petit bois, les fours crématoires détruits par les allemands. Quand j'étais dans ce camp, je me sentais assez mal, il pleuvait, le ciel était gris. Je fus encore plus bouleversé à la vue d'un petit lac à côté des fours crématoires où l'on jetait les cendres, et partout les corbeaux volaient. J'avais l'impression de sentir la présence de gens partout dans le camp. Je me sentais mal, je ne pouvais prendre des photos. Je me suis un peu forcé à en faire pour montrer la réalité de ce camp, et la plupart se passe de commentaires.Je n'arrive pas à exprimer véritablement ce que j'ai ressenti mais je n'oublierai jamais ce que j'ai vu. Nicolas Galli

Ne dit-on pas que les hommes sont égaux!Pourtant, ce n’est pas ce que j’ai vu lorsqu’on s’est rendu dans le camp d’Auschwitz. Comment imaginer vivre enfermé dans un lieu de torture où le regard sur l’horizon se porte sur des fils barbelés électriques. Je ne me doutais pas, avant d’y être entrée, qu’il y avait eu tant de barbarie sur des gens coupables simplement d’être nés différents. Impossible de parler une fois rentrée dans le camp de la mort; juste une seule chose à faire, regarder. Plein de questions sans réponses envahissent nos esprits. Tant de cruauté envers des enfants, des adultes qui n'avaient rien demandé.Lorsque notre visite se prolongeait dans le camp, on apercevait des cheveux, des bagages, des prothèses. On peut qualifier Auschwitz d'usine dont la matière première était le corps humain.Tout au long de la pénible découverte de ce camp de la mort, des mots se sont bousculés dans ma tête : incompréhension, dégoût, écœurement, wagon pour bétail, chemin de fer, barbelé, prisonnier, enfer inexprimable, cendre, cheminée, fumée, enfant, vieillard, handicapé, gazé, tristesse, douleur, mort. Adeline Leininger

Je ne comprends pas ce qu’il y a d’amusant à brutaliser des êtres humains. Et pourtant, dans ces camps, la souffrance amusait les Allemands. De pauvres familles juives étaient arrêtées, déportées, enfermées, attachées, battues comme des bêtes. Un seul petit pas de trop ou de moins et le coup partait. Les exécutions sont des distractions, moments de détente et d’amusement, la mort un jeu morbide auquel les Allemands participent. Ces images de soldats allemands heureux du malheur des autres me dégoûtent.J’ai mal pour eux et je suis triste de voir que l’homme peut tirer du plaisir de la haine de ses semblables.Mais est-il notre semblable ? Marion Jacquet

Berlin, mémoire du XXème siècleTerminales Bac ProAgencement de l'Espace ArchitecturalEtudes et Economie. 2015Professeurs: M. Sadoun, P. Barré



Pôle Image Chiris © Moïse Sadoun

PÔLE IMAGE CHIRIS

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